26 octobre 2013

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« ma meilleure amie » Bukowski

« traînant une valise de carton
au son de la marche des rats du
meublé
il faisait toujours trop chaud ou trop froid
à se les geler

et les jeunes filles étaient amoureuses
des combattants du 
dollar
et je traînais ma valise en carton
à travers le Texas, l’Arizona, la Louisiane,
la Géorgie, la Floride, la Caroline du Sud

j’étais cinglé
j’étais malade
incapable d’affronter
l’évidence
et je finissais à picoler du
gin
sur les matelas crasseux de 
nulle part
à rendre les punaises alcooliques
elles aussi

je faisais des projets du suicide qui
échouaient,
et je finissais avec des petits
boulots
fastidieux
les heures commes des cibles réduites
en bouillie par quelqu’un qui
s’en foutait
quelqu’un
de plus intelligent que moi.
je ne pouvais pas demander à Dieu
de me sortir
de

mais
dieu
que je vidais de
bouteilles

des centaines et des centaines de
bouteilles
emportées par les fleuves de 
nulle part

et on peut dire
ce qu’on veut
des méfaits de la
boisson
mais sans
elle
je n’aurais jamais pu
affronter
ces contremaîtres aux
yeux de rat et au
front
étroit

ces ouvriers qui
se contentaient de
leurs vacances et de leur
assurance sociale

le véritable
esclavage humain
de ces hommes qui ne
savaient pas
qu’ils étaient des
esclaves
et qui
se croyaient
les
élus

c’était la bouteille
et seulement
la bouteille
et toutes les
bouteilles
qui me permettaient de
vivre
ça.

chaque jour
à rêver du soir
où je serais de retour
dans ma chambre
allongé sur le lit
dans le noir
sans
chaussures
à déboucher la
bouteille
et à boire avec délices la première
gorgée.

pour
chasser
la pourriture
la décrépitude

à allumer une
cigarette et
à aimer les murs
et la clarté de la
lune
à travers la
fenêtre

j’inhalais le
monde pourri
et
je l’exhalais
juste
comme
ça

puis je reprenais
la
bouteille

non pas
faible
mais
fort :

une grande
lampée

reposant la
bouteille :

chacun
lutte
à
sa
manière. »

 

 

 

 

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samedi 19 octobre 2013

Ô Vent…

 

 

Il souffle sur la plaine,

les herbes hautes murmurent à son passage…

Il danse entre les feuilles,

caresse les cimes des arbres….

Chargé d’embruns,

Il frappe les falaises,

vole au dessus des mers…

Il s’élance au sommet des montagnes..

. Rugit dans les landes enneigées…

Il plane au dessus des étendues sauvages..

. Il vous enveloppe de sa puissance impalpable,

vous ensère dans ses bras invisibles…

Il vous emporte… dans la vallée aux milles vents…

 Huath
le-vent-du-changement

on ferme la musique a votre droite

« Rien n’est jamais acquis à l’homme
Ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur
Et quand il croit ouvrir ses bras
Son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur…il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désarmés incertains
Dites ces mots, ma vie
Et retenez vos larmes!

Il n’y a pas d’amour heureux

Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre
Il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n’y a pas d’amour heureux. »

—————————————-­-

10 octobre 2013

lepdelacr

On voit tout le temps, en automne
Quelque chose qui vous étonne,
C’est une branche tout à coup,
Qui s’effeuille dans votre cou ;
C’est un petit arbre tout rouge,

 Un, d’une autre couleur encor,
Et puis partout, ces feuilles d’or
Qui tombent sans que rien ne bouge.

Nous aimons bien cette saison,
Mais la nuit si tôt va descendre !
Retournons vite à la maison
Rôtir nos marrons dans la cendre.

( Lucie Delarue-Mardrus )

 

forum

mardi 1 octobre 2013

ouffffffff  touchant ………

 

 

 

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« je vois des vieux à la retraite dans les
supermarchés et ils sont maigres et ils sont
fiers et ils vont mourir

ils crèvent de faim debout et ne disent
rien.

longtemps auparavant, entre autres mensonges,
on leur a appris que le silence était signe de
courage.

maintenant, après une vie de travail,
l’inflation les a piégés.

 

ils regardent autour d’eux
volent un grain de raisin
le mâchent.

finalement ils font un tout petit
achat, équivalent à ce qu’ils touchent chaque jour.

un autre mensonge qu’on leur a appri :
tu ne voleras point.

ils préféreraient mourir de faim que voler
( un grain de raisin ne les sauvera pas )

et dans leurs chambres minuscules
devant des pubs de bouffe
ils mourront de faim
crèveront sans un bruit

sortis des meublés
par de jeunes garçons blonds aux longs cheveux
qui les glisseront dans le fourgon

démarreront, ces
garçons
aux beaux yeux

pensant à Las Vegas et aux chattes et
à la victoire.

c’est dans l’ordre des choses :

chacun
a un goût de paradis
avant l’enfer. »

Buk « la mort fière maigre »
Photo Bettina La Plante